Astrologie Traditionnelle et Intégrative

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Cet article est paru dans la revue « L’Astrologue », N° 199, septembre 2017. Nous l’avons refondu et augmenté. Le texte est copyrighté.

En approchant le système astrologique, nous avons deux grands choix : adopter le système hellénistique en restant avec les 7 planètes traditionnelles ou le système moderne qui intègre Uranus, Neptune et Pluton, portant le système à 10 planètes. Comme je suis un chercheur par passion, il aurait été impossible pour moi d’ignorer les trois planètes trans saturniennes.

Cependant, 10 planètes pour 12 signes est assez étrange sur un plan symbolique. En outre, l’attribution des nouvelles domiciliations zodiacales ne respecte pas à mon avis la logique intérieure du système hellénistique, ce qui ne me satisfaisait pas et stimula mon sens de la recherche.

La découverte d’Uranus, Neptune et Pluton a suscité un vent  d’air créatif parmi les astrologues, et les attributions des domiciliations zodiacales ont été rapidement débattues. Les principales attributions étaient : Uranus en Verseau, Neptune en Poissons et Pluton en Scorpion. Si les deux premiers ont été acceptés à l’unanimité (quoique…), la domiciliation de Pluton est toujours débattue principalement entre le Scorpion et le Bélier, et nous verrons pourquoi.

Ce que je propose dans cet article est une tentative de (re) placer les planètes trans saturniennes dans les signes, dans une nouvelle perspective qui respecte la raison d’être du modèle hellénistique initial. En effet l’idée est de comprendre la logique du système existant à 7 planètes, et d’étendre cette logique pour les nouveaux ajouts. Nous verrons par la suite que cette extension ne peut se justifier qu’avec un ajout de 5 planètes ce qui porte le système de 7 à 12 facteurs stellaires.

Traditionnellement, dans l’astrologie antique occidentale chacune des 7 planètes traditionnelles règne sur certains signes du zodiaque, cela est appelé le système des domiciliations.

Le cycle zodiacal

Dans le cycle zodiacal, les signes alternent par polarités dite positives et négatives que l’on va dans cet article par soucis de clarté nommer Yang et Yin. En effet, les termes « positif » et « négatif » évoquent trop souvent dans notre esprit le bon et le mauvais.

Les Signes Yang présentent des caractéristiques propres à la lumière, l’activité, le dynamisme ou la chaleur. Les Signes Yin présentent des caractéristiques propres à la nuit, le repos, la passivité ou le froid.

Les signes Yin sont la plupart du temps appelés nocturnes et les Yang diurnes.

L’ordre chaldéen

Les Chaldéens avaient établi un système de maîtrise logique en établissant une symétrie horizontale déterminant six bandes :

  • Cancer-Lion
  • Gémeaux-Vierge
  • Taureau-Balance
  • Bélier-Scorpion
  • Poisson – Sagittaire
  • Verseau – Capricorne

Dans cette perspective, ils ont attribué à la première bande les deux luminaires, le Lion signe Yang pour le Soleil et le Cancer signe Yin pour la Lune.

Ensuite de la planète la plus rapide à la plus lente chacune gouverne une bande :  Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne.

On remarquera que chaque planète a une maîtrise dans un signe positif/Yang   et négatif/Yin  (en dehors du Soleil et de la Lune).

  Signes Yang/

domicile diurne

Signes Yin/

domicile nocturne

Soleil Lion
Lune Cancer
Mercure Gémeaux Vierge
Venus Balance Taureau
Mars Bélier Scorpion
Jupiter Sagittaire Poissons
Saturne Verseau Capricorne

Les astrologues de l’antiquité disaient qu’une planète était en domicile diurne dans un signe Yang (positif) et nocturne dans un signe Yin (négatif). Cela signifie que, selon la polarité du signe, la planète acquiert une qualité diurne ou nocturne. Ainsi Mercure en domicile diurne en Gémeaux est un Mercure extraverti dont la pensée emprunte les idées dans une très large mesure à l’extérieur, c’est-à-dire transmises par tradition, éducation et instruction et son intérêt est plus particulièrement porté vers des objets concrets et la réussite de ses objectifs. Alors qu’en domicile nocturne en Vierge il est un Mercure plus introverti dont la pensée surgit du fond subjectif. Il cherche à approfondir et non à élargir. Cependant l’expression de ses idées et leur confrontation avec l’autre peut être source d’anxiété. Son style s’alourdit du coup de doutes et de scrupules.

Nous voyons donc que la double domiciliation de chaque planète en signes diurne et nocturne permet une caractérisation très intéressante et pleine de sens.

La double domiciliation

Définition

Comme cette double domiciliation est le point fondamental à intégrer pour comprendre la suite, nous allons l’approfondir un peu.

Quand le signe est Yang cela signifie qu’il a de façon prédominante des qualités de lumière, d’expansion, d’action, de mouvement, de chaleur, d’extraversion. Quand il est Yin il a de façon prédominante des qualités d’obscurité, de contraction, de passivité, d’immobilité, de froideur, d’introversion.

Cependant selon le principe universel du Tao, rien n’existe de par lui-même et tout se manifeste uniquement en dépendance de son contraire, ainsi la lumière n’existe qu’en rapport avec l’ombre. Donc la qualité Yang d’un signe n’existe qu’en dépendance de sa qualité Yin. Autrement dit chaque signe a des qualités Yin et des qualités Yang.

Cependant dans le signe Yang l’aspect Yang est prédominant et conscient (la persona) et l’aspect Yin est moins présent et refoulé dans l’inconscient (l’ombre). Inversement pour le signe Yin.

La persona est ce que l’on voit, la partie apparente de notre être, ce que l’on montre socialement aux autres et que l’on se montre également à soi, comme le roi règne dans son château. Cependant dans les bas-fonds du château il y a des prisonniers dans les geôles. Et cela représente toutes nos parties en souffrances qui sont refoulés dans ce qu’on peut appeler notre ombre. C’est la partie inconsciente du signe.

A retenir : quand le conscient est Yin, l’inconscient est Yang, et vice versa.

Dans l’exemple représenté sur le dessin :

  • Dans le signe positif du Verseau, Saturne est maitre diurne, il règne sur le conscient Yang/extraverti.
  • Dans le signe négatif du Capricorne, Saturne est maître nocturne, il règne sur l’inconscient Yang/extraverti.

Nous voyons que dans les deux cas Saturne (qui est une planète visible donc Yang) présente une affinité pour la partie Yang du signe: le conscient pour le Verseau et l’inconscient pour le Capricorne.

Cela signifie dans ce cas que le Saturne diurne du Verseau présente un bon sens concret (Saturne) qu’il met au service d’un idéal (signe d’Air) transmis par une culture ou une tradition (extraversion).

Le Saturne nocturne du Capricorne est refoulé dans l’inconscient, ce qui signifie qu’il est actif d’une autre façon. Le bon sens de Saturne refoulé devient des idées fixes. Comme le Capricorne est Yin/introverti, l’inconscient est extraverti, cela signifie que la relation à l’objet devient source d’angoisse (au lieu dans le cas du Verseau d’être source d’investissement positif).  Comme le Capricorne est un signe de Terre l’orientation du sujet est centrée sur le matériel et les objets concrets.

Pour synthétiser, le Saturne nocturne du Capricorne présente une tendance aux idées fixes et aux obsessions orientées vers des éléments extérieurs et concrets (par exemple une obsession de manquer d’argent, ou de la saleté).

 

 

Comprendre la double domiciliation

Comment comprendre cette dualité, que signifie-t-elle ?

 » Mars qui a son domicile diurne en Bélier et son domicile nocturne en Scorpion est pour le Mars du Scorpion un Mars de la résistance, un Mars de la réaction, et pour le Mars du Bélier, un Mars de l’action. » (Jean Carteret, Dignités et Débilités). Ainsi en Bélier, Mars est visible. En Scorpion, Mars est refoulé.  L’individu Bélier est identifié à l’archétype Mars une énergie active et superficielle qui s’épuise rapidement, l’individu Scorpion présente une agressivité refoulée qui se manifeste de façon détournée et indirecte.

Cette double maîtrise d’une planète représente le fondement de la théorie des maitrises en Astrologie.

Ce qu’ignorait les Anciens c’est qu’il existait des planètes au-delà de Saturne.

C’est ce que nous allons voir.

  1. Les nouvelles maîtrises planétaires

Historique

Avec l’arrivée des planètes trans saturniennes (1781 Uranus, 1846 Neptune, 1930 Pluton), les astrologues modernes ont dû relever un défi : celui de définir un symbolisme et des nouvelles maitrises zodiacales.

Globalement ce que l’on peut dire est que ces attributions ont été assez rapidement orientées par un certain courant de pensée – l’astrologie théosophique -, et que les avis divergents n’ont pas vraiment résisté.

Les astrologues britanniques (Sepharial 1864 – 1929) et Alan Leo (1860 – 1917) théosophes convaincus et activistes furent les premiers astrologues connus pour avoir « assignés » Uranus au Verseau et Neptune aux Poissons.

Sepharial, pseudonyme de Walter Richard Old, publia son premier livre d’astrologie en 1887 « Astrological Judgement Upon the Great Solar Eclipse of 1887« . La même année il rencontra Helena Blatvatsky, la fondatrice de la théosophie. Au cours des années suivantes, Sepharial fut une étoile montante dans la société de théosophie. Il devait devenir vice-président de la Loge Blavatsky, Secrétaire général de la Section britannique et bibliothécaire, supportant ainsi d’innombrables rôles. Il fut si proche de Blavatsky, qu’il l’accompagna jusqu’à son dernier souffle.

En 1888, Frédéric Lacey, l’astrologue ‘Aphorel’, écrivait à ‘Sepharial’ pour demander de l’aide pour ses études astrologiques. Il mentionna les réunions qu’il avait avec Alan Leo et d’autres, et suggéra que Sepharial pourrait se joindre à eux. Ne manquant jamais une occasion, Sepharial rencontra Léo et Lacey.

Théosophe convaincu, Sepharial organisa pour Lacey et Léo une rencontre avec Helena Blavatsky. Une réunion en 1896 conduisit à la formation de la Société astrologique avec Alan Leo comme président et Sepharial comme secrétaire. Ce n’est qu’en 1921 que la British Astrological Society vu le jour avec Sepharial en tant que président. En 1905, Sepharial était solidement établi dans le monde astrologique.

Alan Leo, Né William Frederick Allan à Westminster en 1860, est « généralement considéré comme étant le premier astrologue moderne et vénéré comme tel dans le monde entier parmi les astrologues » (Kim Farnell, http://www.skyscript.co.uk/Alan_Leo.html). Leo rejoignit la Société Théosophique en mai 1890. Lacey, Old et Leo lancèrent en 1889 le magazine Modern Astrology. Leo fonda l' »Astrological Society », qui a ouvra ses portes le 14 janvier 1896 à Londres.  En 1915, Leo avait écrit ou aidé à produire une trentaine de livres astrologiques. Au cours de cette année, il créa la « Loge Astrologique de la Société Théosophique », qui, bien qu’ayant connu de nombreuses vicissitudes, ainsi que la séparation de la Société Théosophique, se réunit encore aujourd’hui. En 1913, Leo publia l’astrologie ésotérique, décrite par Charles Carter comme « un grand volume contenant pratiquement rien qui ne vaille la peine d’être lu ». C’était l’astrologie théosophique prise dans son extrême logique. L’intention d’Alan Leo était d’établir une forme plus spirituelle et psychologique de l’astrologie, en se concentrant sur la délimitation du caractère plutôt que la prédiction. C’est cette approche qui l’a conduit à être appelé le père de l’astrologie moderne.

De façon assez intéressante, ce furent Sepharial et surtout Leo qui introduisirent les nouvelles symboliques et domiciliations des trans saturniennes. Du fait du rayonnement et du charisme de ces auteurs, leurs écrits devinrent dominants dans le monde astrologique, et bientôt plus aucune remise en question ne se fit entendre.

Pour l’astrologue Sue Ward, l’introduction du symbolisme des trans saturniennes fut l’occasion pour les astrologues théosophes d’introduire la doctrine théosophique au sein de l’astrologie avec notamment les notions de karma, de réincarnation et d’octaves (par ex. Uranus comme octave de Mercure). Ainsi qu’on va le voir, si l’attribution du symbolisme des trans saturniennes ainsi que leurs domiciliations zodiacales ne reposent sur aucun fondement logique, statistique, psychologique ni mythologique, on peut en conclure que les motivations des astrologues théosophes étaient autres.

« De là, et dans la confusion des principes et des techniques astrologiques, les motivations des astrologues comme Leo deviennent claires. Manifestement, l’astrologie a été convertie, délibérément et sciemment, pour se conformer à la doctrine théosophique. La conversion du système astrologique a été effectuée avec très peu considération quant au résultat – la conviction de la probité de leurs actions alimentant leur élan. …Cette doctrine qui est présentée comme la Vérité, et constitue encore la majeure partie de la pratique astrologique d’aujourd’hui, en particulier en ce qui concerne les planètes trans-Saturniennes. » (Sue Ward – Uranus, Neptune and Pluto – An investigation into the sources of their symbolism.  2002).

Pour Sepharial et Leo Uranus fut assigné au Verseau, Neptune aux Poissons et Pluton au Scorpion.

Ils eurent semble-t-il deux arguments pour placer Uranus en Verseau. D’une part cela suivait un ordre a priori logique, celui des domiciliations chaldéennes. D’autre part le contexte social (révolutionnaire) qui coïncidait avec la découverte d’Uranus inclinait à l’associer au Verseau.

Leur raisonnement était le suivant : « si nous regardons les planètes, dans l’ordre chaldéen, mercure gouverne la vierge, ensuite Vénus la Balance, Mars le Scorpion, Jupiter le Sagittaire et Saturne le Capricorne. La planète suivante si l’on suit cet ordre doit être Uranus en Verseau et Neptune en Poissons ».

Ce raisonnement d’ailleurs pourrait tout aussi bien s’appliquer dans le sens antihoraire ce qui mettrait Uranus en Capricorne, Neptune en Sagittaire et Pluton en Scorpion.

Lors de la découverte de Pluton, et il y eut de vifs débats qui restent d’ailleurs non clos entre le Scorpion et le Bélier.

D’autres voix cependant se firent entendre :

En 1897 un astrologue français Fomalhaut (l’abbé Charles Nicoullaud) dans son « Manuel d’Astrologie Sphérique et Judiciaire » attribuait Uranus au Capricorne, Saturne au Verseau, Neptune aux Poissons, Jupiter au Sagittaire. Il avait une parole prophétique : « La planète au-delà de Neptune existe, elle se nomme Pluton…. » qu’il attribuait au Bélier.

E. Thierens un astrologue hollandais en 1911 parlait d’une planète hypothétique qu’il identifiait à Pluton et qu’il domiciliait en Bélier.

Dans le Voile D’Isis No. 73, Janvier 1926, le célèbre Eugène Caslant (encore un français) écrivait un article ‘les planètes hypothétiques » dans lequel il annonçait Pluton et Proserpine sans faire mention de domiciliation. Mais dans l’Almanach Astrologique, en 1932 P. Genty disait : » ‘Uranus est en bon état céleste dans les signes d’Air, Neptune dans les signes d’Eau, Pluton dans les signes de Feu, et Proserpine dans les signes de Terre. Quant aux domiciles, Caslant leur donne respectivement la second moitié des Verseau, Poissons, Bélier, et Taureau…. ». Là encore Pluton est attribué au Bélier et nous voyons que Proserpine l’est pour le Taureau.

Llewellyn George en 1930 dans son livre « How Planets Affect You » donne des raisons mythologiques pour attribuer Pluton au Scorpion ; idem la même année pour Frederick Thoresby dans le magazine « Modern Astrology » et en 1931 pour Mabel Baudot (Astrologers’ Quarterly, Vol. V No. 3).

La majorité des astrologues modernes optèrent finalement pour le Scorpion, mais certains ne voulurent pas en démordre pour le Bélier (par exemple : Carl Payne Tobey un des astrologues les plus influents en Amérique de 1930 à 1970).

Revenons à cette fameuse logique qui attribua Uranus au Verseau, Neptune aux Poissons et Pluton au Scorpion.

Il semble qu’au moment de cette découverte les astrologues théosophes n’aient pas fait grand cas de la théorie des doubles domiciliations pourtant fondamentales dans le système hellénistique. En effet la logique fut plutôt d’attribuer une seule maitrise à un signe et d’abandonner progressivement la seconde maîtrise. On ne parle plus guère de nos jours de la maitrise de Mars pour le Scorpion, de Jupiter pour les Poissons et de Saturne pour le Verseau. Le courant général s’est donc orienté vers la maitrise d’un seul signe par une seule planète sans que soit d’ailleurs précisé si ce domicile unique devait être le domicile diurne ou le nocturne.

Nous allons voir qu’Uranus ne peut pas être en domicile diurne en Verseau pour des raisons logiques, mythologiques, symboliques et psychologiques.

1 – Raisons logiques : dans le raisonnement effectué il y a deux illogismes irréconciliables :

  • Le premier concerne l’ordre chaldéen et c’est l’argument avancé par les tenants du Pluton en Bélier. Si l’on considère que Uranus est bien maitre du Verseau et Neptune des Poissons, alors nécessairement Pluton devrait être maitre du Bélier. Si l’on s’accorde sur le fait que Pluton est bien maitre du Scorpion, alors nécessairement il faut revoir la maitrise de Neptune et/ou de Saturne.
  • Second illogisme : si l’on tient compte de l’aspect diurne et nocturne des domiciliations, on voit que Jupiter est maitre en Sagittaire (son domicile diurne), Mars en Bélier (son domicile diurne), mais Saturne reste maitre en Capricorne son domicile nocturne. Là encore la logique eut voulu de garder soit le domicile diurne ou nocturne pour ces trois planètes et dans ce cas soit de laisser Saturne en Verseau, ou si Saturne est déclaré en Capricorne, de laisser Jupiter en Poisson et Mars en Scorpion.

En tout état de cause comme Saturne a son domicile diurne en Verseau et qu’il n’y a aucune raison de modifier la Tradition, Uranus ne peut pas avoir le même domicile (diurne) que Saturne.

2 – Raisons mythologiques : si Uranus était en domicile diurne en Verseau il viendrait déloger Saturne, or dans la mythologie c’est Cronos qui détrône son père Ouranos. Uranus en Verseau serait une inversion des valeurs (le père qui renverse le fils). D’autre part, ainsi que nous le verrons ultérieurement, le mythe d’Uranus nous montre un dieu créateur et autocrate qui est tout l’inverse d’un révolutionnaire. D’ailleurs les astrologues modernes pour faire coller leur symbolisme à celui d’Uranus déclarent maintenant que c’est le mythe de Prométhée qui explique le mieux cette planète. Pourquoi recourir au symbolisme de Prométhée  pour décrire celui d’Uranus ? la logique semble faire défaut.

3 – Raisons symboliques : le Capricorne est un signe cardinal et de terre, il symbolise donc la découverte (cardinal) de nouveaux territoires (terre), ce qui s’accorde parfaitement avec la symbolique d’Uranus. Alors que le Verseau signe fixe d’air, symbolise des idées (air) conservatrices (fixe), de par sa position dans le zodiaque il se situe au cœur de l’hiver, période de retraite et d’introversion, tout cela en résonnance parfaite avec la symbolique de Saturne.

4 – Raisons psychologiques : le mythe d’Uranus nous montre qu’il symbolise le père primordial créatif mais aussi tyrannique puisqu’il enfermait ses enfants dans le Tartare ce qui s’accorde avec la symbolique du Capricorne qui est autoritaire et impose sa volonté. De plus, Uranus symbolise l’individuation (la différenciation) tout comme le Capricorne. En effet, le Cancer signe opposé représente la famille et la fusion avec le clan, ; alors que le Capricorne montre la voie de l’individuation, la défusion. Uranus est donc bien en harmonie de sens avec le Capricorne.

 

Les doubles maîtrises des planètes lentes

 

Si l’on considère les doubles maitrises comme un fondement du système des maitrises en Astrologie, il s’ensuit que les planètes trans saturniennes doivent nécessairement avoir aussi une double maitrise.

Nous allons voir que cela nous permet de sortir du dilemme.

Nous proposons de conserver les domiciliations telles que léguées par les Anciens : pour les domiciles diurne Mercure en Gémeaux, Venus en Balance, Mars en Bélier, Jupiter en Sagittaire et Saturne en Verseau. Pour les domiciles nocturnes nous avons Mercure en Vierge, Venus en Taureau, Mars en Scorpion, Jupiter en Poissons et Saturne en Capricorne.

Et nous allons voir comment attribuer une double maitrise de façon logique et significative aux planètes lentes.

 

Voyons en premier lieu l’aspect géométrique

Sur cette représentation des planètes visibles nous observons :

  • Un trait qui relie les signes Yang en zigzag dans la séquence : Lion – Gémeaux – Balance – Bélier – Sagittaire – Verseau déterminant les domiciles diurnes.
  • Un trait qui relie les signes Yin en zigzag dans la séquence Cancer – Vierge – Taureau – Scorpion – Poissons – Capricorne déterminant les domiciles nocturnes.

Si l’on garde la logique ptoléméique (mercure – vénus – mars – jupiter – saturne), nous allons ajouter dans l’ordre : Uranus – Neptune – Pluton – Proserpine/Haumea – Bacchus/Makemake (nous avons ajouté au système les deux planètes naines Haumea et Makemake que nous avons renommées Proserpine et Bacchus, voir note de fin d’article).

Puisque nous étions dans un sens ascendant pour les planètes visibles, continuons avec les planètes invisibles dans un sens descendant et nous voyons ainsi que les domiciles nocturnes des planètes visibles deviennent les domiciles diurnes des planètes invisibles et vice versa.

Pour les domiciles diurnes, après Saturne en Verseau, nous trouvons Uranus en Capricorne, Neptune en Poissons, Pluton en Scorpion, Proserpine/Haumea en Taureau et Bacchus/Makemake en Vierge.

Nous nous trouvons donc avec un système qui intègre ce qu’avait déjà découvert les astrologues modernes à savoir Uranus en Verseau, Neptune en Poissons et Pluton en Scorpion, mais nous apportons la précision des domiciliations diurnes et nocturnes.

On ne change donc rien, on complète simplement les pièces du puzzle !

 

Pour les domiciles nocturnes, après Saturne en Capricorne, nous trouvons Uranus en Verseau, Neptune en Sagittaire, Pluton en Bélier, Proserpine/Haumea en Balance et Bacchus/Makemake en Gémeaux.

 

Ainsi le Verseau reste le domicile diurne de Saturne mais s’adjoint du domicile nocturne d’Uranus (Uranus reste donc bien en Verseau mais devient son maitre nocturne), les Poissons restent le domicile nocturne de Jupiter mais s’adjoignent du domicile diurne de Neptune et le Scorpion reste le domicile nocturne de Mars mais s’adjoint du domicile diurne de Pluton.

 

Voyons maintenant le sens.

Que remarquons nous dans cette nouvelle domiciliation ?

Les planètes lentes (invisibles) prennent domicile diurne non plus dans les signes Yang mais dans les signes Yin. Ainsi Uranus acquiert un domicile diurne en Capricorne, Neptune en Poisson, Pluton en Scorpion, Proserpine (Haumea) en Taureau et Bacchus (Makemake) en Vierge.

Comme il y a inversion de sens (on passe du visible à l’invisible), il est donc logique que ces planètes aient un domicile diurne dans un signe Yin. Le Yin est ce qui est invisible ou pas encore visible, et les planètes trans saturniennes régissent l’invisible. Elles sont donc en domiciles diurnes en signes Yin, comme la lune règne sur la nuit. Dans ce sens domicile diurne signifie le signe où la puissance et la force de la planète est magnifié. Pluton est magnifié en Scorpion et restreint en Bélier. On dit donc que le domicile diurne de Pluton est le Scorpion, et son domicile nocturne le Bélier.

Fin de la partie 1.

Dans la partie 2 nous analyserons la dialectique et la symbolique Capricorne/Verseau et Uranus/Saturne en intégrant le sens des nouvelles domiciliations. En particulier, nous reviendrons sur le symbolisme d’Uranus sous un angle différent basé sur la mythologie, la symbolique et la psychologie. Ensuite nous parlerons des deux nano-planètes que nous avons ajoutées (Haumea et Makemake) et de la logique globale du nouveau système.