Astrologie Traditionnelle et Intégrative

Tout astrologue moderne s’est un jour posé la question de l’asymétrie des domiciliations actuelles puisque seulement 10 planètes sont utilisées pour 12 signes, et que la Vierge et les Gemeaux d’une part, ainsi que la Balance et le Taureau d’autre part, sont toujours gouvernés par une seule planète. Ce décalage n’est logique ni sur le plan symbolique, mythologique, numérologique et psychologique.

Cela nous parait pour le moins bancal.

De ce fait certains astrologues ont émis l’hypothèse de deux planètes manquantes qui viendraient compléter le puzzle, comme les éléments manquants de la table périodique des éléments en son temps.

Patrice Genty écrivait en 1925 ceci : “Il faut tenir compte évidemment de toutes les planètes et se garder d’imiter certains astrologues modernes, qui sous prétexte que les Anciens ne les connaissaient pas, négligent Uranus et Neptune, dont l’action est fort importante. Malheureusement, les deux planètes transneptuniennes, Pluton et Proserpine, n’ont pas encore été découvertes astronomiquement, bien que leur existence soit extrêmement probable. Leurs qualités astrologiques ont été déterminées par Eugène Caslant, tout comme la classification périodique des corps simples permit de déterminer a priori les propriétés d’éléments encore inconnus” (Le Voile d’Isis, page 522, Aout – Septembre, N° 68  – 69, N° spécial consacré à l’astrologie, 1925). Il semble donc que ce soit E. Caslant le premier qui prédit l’existence de Pluton et Proserpine avant leurs découvertes (Pluton a été découverte en 1930).

En effet, Eugène Caslant (1865 – 1940), astrologue, polytechnicien, lieutenant-colonel dans son livre “les bases élémentaires de l’astrologie” (publié aux Editions Traditionnelles en 1976) utilise un système à 12 planètes qui comprend la planète trans plutonienne qu’il a nommé Proserpine et pour laquelle il a déterminé une symbolique, la maîtrise du Taureau et donne ce glyphe  .

Jean Carteret (1906 – 1980) utilisait un système à douze planètes. Il avait proposé d’ajouter la transplutonienne Proserpine déterminée par Caslant, et Vulcain une hypothétique planète orbitant entre le Soleil et Mercure dont l’existence avait été postulée par Urbain Le Verrier en 1860 pour expliquer les avances de phases de Mercure non justifiées par l’influence de toutes les planètes connues. Il est bien sûr aujourd’hui admis que la planète Vulcain n’existe pas.

Pour Carteret, Proserpine et Vulcain étaient les deux planètes manquante, Proserpine étant la transcendance de Vénus (passage de la femme intime à la femme émancipée) et Vulcain la transcendance de Mercure (passage du mental au supramental) (Jean Carteret, la structure planétaire).

En 1953, le nom Persephone a été proposé par l’astronome allemand H.H Kritzinger pour désigner la planète trans plutonienne supposée, puisque l’objet était juste au-delà de Pluton (dieu des enfers) elle devait être sa parèdre (Perséphone comme reine des enfers) (Hypothetical Trans neptunian planets, Die Sterne, Vol 39, N°1  – 2 , 1963, page 6-10).

Robert Ambelain, publiait dans les cahiers astrologiques N° 74, page 113, mai juin 1958 un article s’intitulant “Koré la 10° planète” où il suppose l’existence d’une planète transplutonienne qu’il appelle du nom d’enfant de Proserpine, Koré (publié également dans un ouvrage : Koré la 10° planète, Robert Ambelain, Editions Bussières) et à qui il donne la maitrise du Taureau.

Dane Rudhyar, en 1969, reprit le nom de Proserpine comme la planète transplutonienne hypothétique proposée par Caslant, Carteret et Ambelain en lui donnant également la maitrise du Taureau.

“L’homme découvrira-t-il — peut-être au début du 2lème siècle — une autre planète au-delà de Pluton ? L’existence d’une telle planète a été considérée comme probable par certains astronomes; et certains astrologues, en Amérique et en Europe, ont non seulement calculé l’orbite générale qu’elle peut avoir, mais ont parlé de plusieurs planètes plus lointaines. Leur existence n’est pas du tout impossible ; mais mon sentiment est qu’une seule planète doit bientôt être découverte au-delà de Pluton, et il y a de nombreuses années, j’en ai parlé — comme une hypothèse — en lui donnant le nom de Proserpine. (Les astrologues néerlandais ont utilisé à la place le nom grec, Perséphone). S’il existe, il serait naturellement et logiquement le symbole d’une renaissance concrète après la triple crise sur le chemin de la transformation. Cela signifierait le fondement d’un nouveau type d’existence humaine dans lequel le dualisme de la vie et de la mort serait transcendé par une conscience capable d’expérimenter cycliquement à la fois sans perte d’identité — une condition relative au grand mythe de la déesse Proserpine qui a passé un tiers de son existence avec Pluton dans le « monde souterrain » et les deux autres tiers à la surface de la Terre, comme symbole d’une végétation renouvelée. Proserpine représenterait alors l’esprit de l’Initié qui, comme le Lazare de l’Evangile, a connu la mort et est ressuscité par la puissance d’un Être divin, de son Maître” (Astrological Timing, The Transition to the New Age, Dane Rudhyar, 1969).

En 1973, Raymond Abellio dans son livre la “fin de l’ésotérisme” disait ceci : “ Le système astrologique englobant les trois planètes nouvelles doit s’ouvrir pour être complet sur une ou plusieurs planètes transplutonienne marquant l’amorce, à la fin de l’ère des guerres planétaires, d’un nouveau cycle de civilisation, tout à fait différent du nôtre, et équilibrant les valeurs complémentaires et opposées de coordination et d’expansion. Tel serait en particuliers, le sens de la planète Proserpine dont parle Jean Carteret”.

En 1985, c’est au tour de Jean de Larche de reprendre le flambeau dans “Astrologie transcendantale : Karma et régénération ” dans lequel il nommait les deux planètes manquantes Proserpine et Cerès, en donnant la maitrise du Taureau à Proserpine.

En 2009 il disait : “Avec la découverte des trans saturniennes, on était en présence de dix planètes pour douze signes et douze maisons. Pour que le modèle astrologique soit pleinement opératoire il doit mettre en correspondance analogique une seule planète avec un seul signe et une seule maison. A partir de l’ancien septénaire des planètes, l’astrologue est progressivement conduit à postuler un système duodénaire qui réponde mieux aux besoins de clarté, d’efficacité et de beauté” (Jean de Larche, Cerès).

Par la suite, en 2012, Jean de Larche lui consacra un ouvrage entier ” Koré, Présentation et analyse de la planète maîtresse du signe du Taureau”.

En 1987 Pierre Lassalle, annonçait la découverte imminente de Proserpine dans son ouvrage intitulé “Pratique de la nouvelle Astrologie » aux Editions De Vecchi”. Selon lui elle symbolise : nouvelle Terre, cycles de la Nature, reconstruction, renaissance, réincarnation, saison, nourriture spirituelle, richesse intérieure, restructuration, mystère de la mort.” Il précise : “Sa découverte est imminente et elle aura un rôle à jouer au prochain siècle, en tant que maîtresse du signe du Taureau “.

Du côté des pays anglo-saxons, le concept d’une planète trans plutonienne était très fort tant chez les astronomes que les astrologues. Cette planète hypothétique a été nommée différemment outre-Atlantique — Perséphone, Isis, Minerva et Bacchus — mais Transpluto  était  sa désignation la plus communément acceptée.

Lynn Koiler, une astrologue et chercheuse américaine disait : “en 1972, Quand j’ai obtenu l’éphéméride de Transpluto, j’ai décidé que cette planète régnerait soit sur le Taureau, soit sur la Vierge. Ces deux signes partagent une double domiciliation — le Taureau et la Balance sont actuellement gouvernés par Vénus et les Gémeaux et la Vierge sont actuellement gouvernés par Mercure. Dans le passé, le Capricorne et le Verseau étaient gouvernés par Saturne jusqu’à la découverte d’Uranus, le Sagittaire et les Poissons étaient gouvernés par Jupiter jusqu’à la découverte de Neptune, et le Bélier et le Scorpion étaient gouvernés par Mars jusqu’à la découverte de Pluton. Des découvertes astronomiques ultérieures permettront de résoudre le jumelage Gémeaux/Vierge et Taureau/Balance”.

Plus récemment (1994) une astrologue américaine, Valerie Vaughan, publiait un livre “Persephone is Transpluto”, dans lequel elle prédit que la planète hypothétique transplutonienne devrait s’appeler Perséphone (nom grec de Proserpine).

J.R. Hawkins, un astrologue américain a également écrit un livre sur Transpluto, et avait proposé de l’appeler Bacchus (Transpluto or should we call him, Bacchus, J.R. Hawkins, 1976).

L’idée de l’ajout de deux corps planétaires nouveaux pour atteindre un système plus logique de douze planètes, douze signes et douze maisons n’est donc pas une idée bizarre ni aberrante, bien au contraire, et nous voyons que le nom de Proserpine (Persephone, Koré) est celui qui a retenu l’accord de la plupart des astrologues ayant travaillé sur la question pour la onzième planète post plutonienne en lui accordant la maitrise du Taureau.

De ce fait, les noms de Perséphone et de Proserpine n’auraient pas du être donné à des astéroïdes de la ceinture d’astéroïdes.

Et donc à ce jour, la planète hypothétique Proserpine n’est associée à aucun corps planétaire réel.

En reprenant ce dossier lors des débuts de ma recherche sur ce sujet, j’ai considéré les planètes classées naines par l’Union Astronomique Internationale (UAI) comme étant les seules candidates non seulement potentielles mais encore légitimes pour ces deux corps manquants.

De plus, depuis que Pluton a été rétrogradé au rang de planète naine par l’UAI, il devenait encore plus évident qu’aucune raison valable ni astronomique ni symbolique n’existait pour les exclure du champ d’investigation.

La question était plutôt de savoir lesquelles choisir, puisqu’en dehors de Pluton, l’UAI a classé 4 autres planètes naines, et qu’il y en aura probablement d’autres à l’avenir.

Ces planètes naines sont les suivantes : Cérès, faisant partie de la ceinture d’astéroïdes, puis juste après Pluton, Haumea, Makemake et Eris.

Il était pour moi illogique d’utiliser Cérès puisque tout ce qui infra saturnien doit rester tel quel, de façon à respecter la structure du septénaire traditionnel.

Voici les données astronomiques de ces quatre autres objets reconnus comme nano-planètes par l’Union Astronomique Internationale (actualisées 15 Octobre 2017) :

Le plus logique était donc d’investiguer les deux planètes naines juste post plutoniennes, c’est-à-dire, Haumea et Makemake.  J’éliminais Eris de ce fait, mais aussi parce que son orbite est très excentrée par rapport à l’écliptique.

Mes hypothèses de départ étaient donc les suivantes :

Haumea et Makemake seraient les deux corps planétaires manquant au puzzle astrologique.

Pour respecter la logique inhérente au système traditionnel, les noms donnés à ces planètes doivent rester dans le panthéon des divinités gréco-romaines, et puisque nos prédécesseurs ont déjà prédit le nom de la post plutonienne, Haumea pourrait être la Proserpine prédite par Eugène Caslant, celle-ci étant la femme de Pluton.

Haumea est la première nano-planète découverte depuis celle de Pluton en 1930. Sa découverte fut controversée et contestée par deux équipes.

José Luis Moreno Ortiz et son équipe de l’Instituto de Astrofísica de l’Andalousie à la Sierra Observatoire du Nevada en Espagne, annonce avoir découvert Haumea sur des images prises en Mars 2003. Un email d’Ortiz à la MPC (Minor Planet Center) annonce leur découverte du 7 Mars 2003, dans la nuit du 27 Juillet 2005.

Mike Brown et son équipe de Caltech découvre Haumea en Décembre 2004, à partir d’images prises le 6 Mai 2004. Le 20 Juillet 2005, il publie un rapport (non officiel) qui devait être lu lors d’une conférence en Septembre 2005.

Selon le protocole de l’Union Astronomique (UAI) Internationale le crédit de la découverte d’une planète mineure va à celui qui donne le premier un rapport avec suffisamment de données positionnelles. C’est donc l’équipe d’Ortiz qui fut crédité de cette découverte.

Toujours selon l’UAI le découvreur crédité a la priorité pour la nommer. L’équipe d’Ortiz propose ainsi le nom de Ataegina, une déesse ibérique, d’une part car cette divinité était vénérée dans cette région de l’Espagne, et d’autre part car elle était l’équivalent de la déesse romaine Proserpine, épouse mythique de Pluton.

Cependant cette nomination fut rejetée par l’UAI car selon ses règles les objets de la ceinture de Kuiper (ce qu’est Haumea) doivent avoir un nom d’une divinité liée à la création, ce qui n’était pas le cas de Ataegina.

La question que l’on peut légitimement se poser est pour quelles raisons l’équipe d’Ortiz, connaissant certainement ces règles, voulut malgré tout la nommer du nom d’une divinité chtonienne comme Ataegina?

En tout cas, Ataegina étant l’équivalent ibère de Proserpine, ceci est un sacré clin d’œil de l’histoire pour confirmer notre hypothèse.

Vient ensuite Makemake, et le nom que l’on pourrait lui attribuer dans la tradition gréco-romaine.

Makemake qui a été découverte le 31 mars 2005 par Michael E. Brown, Chadwick Trujillo et David L. Rabinowitz du California Institute of Technology. Elle constitue la seconde nano-planète trans plutonienne, après Haumea.

Sa période orbitale est de près de 310 ans, à comparer aux 248 années de Pluton et 283 années de Hauméa.

La nano planète Makemake a été découverte au moment de la fête de Pâques chrétienne le 31 mars 2005. Michael Brown, en raison de la date de la découverte voulu d’abord l’appeler Éostre, divinité anglo-saxone dont est tiré le nom Easter, équivalent anglais de « Pâques ». Il écarta ensuite ce nom en raison de l’existence de l’astéroïde Ostara et lui préféra Makemake, dieu créateur des autochtones de l’ile Rapa Nui (renommée ile de Pâques, car découverte le dimanche de Pâques en 1722).

Cependant si les synchronicités ont un sens, il semble important de relier la symbolique mythique de cette planète à celle de Pâques (comme l’avait fait Mikael Brown au début d’ailleurs), fête chrétienne et non à la religion des autochtones de l’ile Rapa Nui qui bien sûr n’a rien à voir avec la fête de Pâques. Nous avons pour rester dans la tradition astrologique renommé Makemake, “Bacchus”, Dieu romain équivalent du Dieu grec Dionysos, dont la symbolique est, selon nous, la plus proche de celle du mythe chrétien.

Benoît XVI note dans son Jésus de Nazareth : “Comme […] Le Seigneur a donné le pain et le vin comme les supports de la Nouvelle Alliance, il n’est certes pas interdit de penser […] et de voir transparaître dans l’histoire de Cana, le mystère du Logos et de sa liturgie cosmique, dans laquelle le mythe de Dionysos [Bacchus] est complètement transformé tout en étant conduit à sa vérité cachée”.

Dionysos serait né un 25 décembre (solstice d’hiver). Il est fils de l’union adultérine de Zeus et de Sémélé, fille de Cadmos, roi et fondateur de Thèbes. Seul dieu grec à être fils d’une mortelle, il est donc né d’une vierge. Il est mort, a voyagé dans le monde des morts, puis il est ressuscité. En souvenir du mythe de Dionysos, ses disciples mangeaient symboliquement son corps et buvait le vin symbolisant le sang.

Tout cela nous conduit à Bacchus comme représentant astrologique de la symbolique de Pâques.

Nous avons découvert postérieurement à notre travail, qu’il existait un livre déjà ancien, proposant d’appeler Bacchus la planète hypothétique nommée à l’époque “Transpluto”: “Transpluto or should we call him Bacchus ?”  (John Robert Hawkins 1976).

J’ai adopté pour Bacchus le glyphe alchimique de l’antimoine et là encore j’ai découvert a posteriori qu’il est très proche de celui qui avait été donné à Transpluto  .

Ceci sera expliqué dans un article complet consacré à Bacchus.

Nos hypothèses de recherche se résument donc ainsi :

  • Il manque deux planètes pour compléter le système astrologique actuel de dix à douze planètes.
  • Ces deux planètes pourraient être les deux nano-planètes Haumea et Makemake.
  • Le nom de ces deux planètes doit rester dans le panthéon gréco-romain pour respecter la tradition.
  • Haumea pourrait être la Proserpine prédite par Caslant.
  • Je propose le nom de Bacchus pour Makemake.

Toutes ces hypothèses sont à vérifier maintenant et c’est ce que nous avons commencé à faire à la fois sur des cas individuels mais aussi sur des études statistiques.

Éphémérides de Proserpine (nano planète Haumea)

Éphémérides de Bacchus (nano planète Makemake)

Je vous conseille de lire la suite logique  : Les maîtrises révisées

Une réponse à Un système astrologique à douze planètes

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